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vendredi 9 décembre 2016

De la collaboration

Une réussite française : le framework Symfony, outil que j'utilise aujourd'hui et qui a permis mon ascension professionnelle, et qui me permet de faire le métier que je fais aujourd'hui.

Voir la vidéo et l'article associé


#HistoiresdeFrance, chapitre 21 – SensioLabs... par gouvernementFR

Ce qui est important dans cette vidéo, c'est surtout la fin : Fabien Potencier (et ce n'est pas la première fois que je le vois / entends dire) semble être bien plus fier de la communauté autour de Symfony que du fait qu'il ait initié le projet. Et son travail, lorsqu'il communique sur Github, c'est d'aider les gens à mieux comprendre les outils avec lesquels ils travaillent, afin d'améliorer leur productivité et d'agrandir leurs connaissances. Tout ça en plus de son activité de PDG de SensioLabs.

Cela me touche, car je conçois mon métier ainsi, aujourd'hui.

Plein de choses à apprendre, autant aux autres que des autres.

Collaboratif ou adaptatif ?


E-penser le dit dans sa vidéo sur les gauchers/droitiers : la nature a très certainement trouvé une stabilité au fait d'avoir une moyenne de 10 à 13% de gauchers, on peut probablement en déduire que la nature trouve un équilibre à ce que 10% des gens sont bien plus propices à être adaptatifs, et que les 90% autres sont plus collaboratifs.

Et comme Fabien Potencier, je prends beaucoup plus de plaisir à former des gens, à leur apprendre des choses, à collaborer avec eux sur un projet, à échanger, parler, partager.

C'est le bénéfice de tout ça qui nous permet aujourd'hui de faire profiter les entreprises d'un savoir-faire commun, de pouvoir vendre des choses intéressantes (ou pas).

J'espère pour ma part faire partie des personnes qui sont à la fois collaboratives et adaptatives, j'ai vraiment envie de partager mes connaissances et j'adore apprendre des choses à des gens qui ont envie d'apprendre.

L'émotion dans le travail ensemble


C'est quelque chose que j'ai du mal à expliquer, mais lorsque je travaille avec plusieurs personnes, la satisfaction de terminer quelque chose en est décuplée.
C'est un véritable sentiment qui s'empare de moi, une émotion très forte, un peu comme un vrai plaisir de pouvoir accéder à ce que je trouve de plus beau dans la nature humaine : le partage et la collaboration (après l'art, certes).

Au niveau professionnel


Dans le cadre du travail, dans un premier temps, terminer un projet est chose rare : la plupart du temps, après la création, il faut passer à la maintenance. Cependant, terminer des éléments d'une application, étape par étape, c'est une satisfaction personnelle d'avoir pu aller à l'issue de son projet, mais finir tout ça ensemble, en partageant les tâches, c'est quelque chose de très enrichissant.

J'ai pu expérimenter le fait d'avoir à encadrer des stagiaires, et lorsque ceux-ci avaient une vraie volonté d'avancer, c'était là que la relation se faisait dans une forme de partenariat : deux personnes qui apprennent, chacun à sa façon.

Malgré tout, le cadre professionnel est loin d'être le plus intéressant.

Au niveau personnel (et surtout artistique)


J'ai eu la chance de faire un an de théâtre avec une excellente troupe, nous étions pourtant quasiment tous débutants, nous avons écrit une pièce ensemble, et même malgré les difficultés logistiques que nous avons rencontrées, la production finale était émouvante. Je n'ai jamais regardé la vidéo issue de la représentation générale, parce que j'ai peur de perdre le souvenir du "travail ensemble" que nous avons accompli (et aussi parce que je n'aime pas me voir, mais c'est un autre sujet).

Dans l'art, en général, la collaboration est primordiale, sinon déterminante, dans la création d'une œuvre. Que ce soit une collaboration entre artistes, ou une collaboration avec son environnement.

Tout d'abord, il y a la découverte : on apprend, on assimile un savoir artistique, on acquiert des connaissances nouvelles, il y a donc souvent cette excitation de l'apprentissage qui est inhérente à notre nature humaine (voir section suivante pour plus de détails).

Ensuite, il y a la création commune : vu que nous avions écrit une pièce tous ensemble, nous avons du nous découvrir les uns les autres, nous avons réfléchi ensemble à l'écriture, au scénario, au texte, aux personnages...

Tout ça...

Je suis quelqu'un d'extrêmement émotionnel, j'ai d'ailleurs énormément de mal à ne pas être totalement exalté (ou profondément froid) vis-à-vis d'une émotion qui s'emparerait de moi, et j'ai donc constamment besoin de me ménager pour ne pas exploser, autant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Ce travail collaboratif que nous avons réalisé au théâtre a donc été déclencheur chez moi d'une foule immense d'émotions qui m'ont tellement troublé que j'ai eu des difficultés énormes à les gérer et les interpréter.

J'ai appris à être en groupe, et c'est vraiment là que j'ai réellement appris à accepter "l'autre" dans son état complet, dans son statut d'être humain relationnel, et pas simplement en tant qu'individu étranger à ma bulle.
Et sans cet apprentissage, je resterais un vieux con probablement incapable d'accepter autrui, toujours en train de dénigrer les autres.
Bon, je le suis encore un peu, certes, mais au moins, j'ai appris.

Le petit exemple biologique


Je pense qu'un petit aparté s'impose pour savoir à quoi ça sert d'apprendre (et donc d'être à la fois collaboratif et adaptatif).
Outre l'intérêt d'acquérir des connaissances, et de "l'intelligence" (si tant est qu'on pusse la définir clairement), il y a un impact biologique sur nous au fait d'apprendre.

À titre d'exemple démonstratif, le fait d'apprendre quelque chose déclenche une sécrétion d'hormones dans notre corps.

Parmi elles, la Dopamine, l'hormone dite "de la récompense", la Sérotonine, hormone dite "de la bonne humeur", l'Endorphine, hormone dite "du bonheur", l'Ocytocine, hormone "de l'attachement", et quelques autres.
Toutes ces hormones sont impliquées, soit en tant que causes, soit en tant qu'effet, dans le processus d'apprentissage.

Votre corps prend donc goût à ce sentiment initié par l'apprentissage, ce qui facilite considérablement la mémorisation des informations acquises, et donc nous permet de nous familiariser encore plus avec le fait d'apprendre.

Pourquoi est-ce que je parle des hormones ?

Parce que nous les avons tous, chacun d'entre nous peut ressentir ces effets, à plus ou moins grande échelle, de l'apprentissage.

Si l'on considère des phénomènes sociaux comme la pensée de groupe et le conformisme, on peut concrètement considérer qu'un phénomène positif pour un individu peut devenir totalement exaltateur pour un groupe qui serait centré autour du même sujet, en l'occurrence l'apprentissage.

Cela pose évidemment des problèmes de "poids", car il est plus difficile de faire un cours magistral à 250 élèves dans un amphi où l'échange est extrêmement limité que de faire un cours individuel ou l'échange est constant.

Mais il en reste que, biologiquement, étant des êtres sociaux, nous sommes faits pour être ensemble (pour le meilleur et pour le pire), et étant également faits pour apprendre, nous sommes de facto faits pour apprendre ensemble.

L'apprentissage EST collaboratif


Nous sommes nés pour apprendre.

L'apprentissage en solitaire est très dur.

Souvent, il se fait dans des circonstances très négatives.

Par exemple, dans le cas d'un naufragé, seul sur son île, il va devoir apprendre à vivre dans un univers hostile sans aucune connaissance, et il fera souvent face à la douleur, au froid, à la faim, et surtout : à la solitude.

Ou encore un autiste de haut niveau (qui reste trop souvent considéré comme "l'archétype de l'autiste", à tort) qui aurait des difficultés considérables pour communiquer. Souvent, ces personnes ont des capacités intellectuelles décuplées, mais malheureusement compensées par un trouble social très important qui freine ou empêche la communication. L'apprentissage se fait donc au ralenti, et dans la douleur des deux partis : les parents et l'entourage rêvent de parler à cet enfant autiste, et cet enfant autiste rêve qu'on le comprenne dans son état.

À ce propos je vous invite à voir l'une des oeuvres de Shawn Coss qui a réalisé, pour le Inktober 2016, un excellent dessin sur la représentation d'un trouble du spectre autistique. Cela aide aussi à comprendre les syndromes et pathologies de l'autisme de façon un peu plus imagée.

(je pourrais en dire encore beaucoup plus sur l'autisme mais ce n'est pas le sujet)

Nous sommes des êtres sociaux, et si l'apprentissage est difficile, et dans le cas de l'apprentissage en solitaire, le darwinisme voudrait que nous soyons donc exclus de la chaîne d'évolution de la race humaine, afin de faire évoluer celle-ci en faveur d'un apprentissage favorable à la survie et à la prolifération de l'espèce.

Nous pouvons aussi regarder ce qui s'est fait dans l'Histoire.

L'école.


Non, ce n'est pas Charlemagne qui l'a inventée, désolé France Gall, mais les Grecs, les Romains et les Égyptiens avaient déjà bien compris l'intérêt du partage de connaissances en groupe bien avant que l'empereur Franc à l'épée avide de conquêtes n'ordonne à l'Église de créer des écoles dans tout son royaume.

L'école est aujourd'hui le lieu dans lequel on tend le plus à transmettre le savoir, à communiquer, partager et construire dans un schéma collaboratif. Le système actuellement en place en France n'est pas, à mes yeux, performant dans son oeuvre, mais il a le mérite d'exister, contrairement à d'autres pays moins chanceux (ou moins avenants).

Et malgré la paresse générale que l'on retrouve dans les collèges français de nos jours, due le plus souvent à un manque d'éducation, d'intérêt, ou un surplus de confort (ou tout à la fois), on constatera toujours que dans les pays moins développés ou moins accessibles, les enfants des lieux reculés et pauvres ont un goût pour l'apprentissage qui leur ferait gravir des montagnes. On ne compte plus les témoignages des associations humanitaires qui parlent d'enfants parcourant chaque jour des kilomètres dans la brousse afin de rejoindre l'école, dans le simple but d'être avec d'autres enfants pour apprendre à lire ou à compter.

On ne compte plus non plus le nombre de reportages dans des lieux reculés, ou des télé-crochets comme Rendez-vous en terre inconnue, où des célébrités vont côtoyer des communautés où la collaboration est souvent le pilier central de la survie d'un groupe. Et l'apprentissage ne se fait jamais seul, toujours en groupe, que ce soit par un•e professeur•e ou un parent, en duo ou en groupe.

Cet apprentissage leur est nécessaire, car en plus du phénomène biologique qu'il provoque, il donne à ces enfants un but commun, un enrichissement.

Celui de devenir une personne meilleure.

Ensemble.